Chaque année, des millions de spectateurs paient pour avoir peur. Étrange, quand on y pense. Pourquoi payer pour ressentir ce sentiment désagréable ?

En effet, ce type de film est quand même très particulier. À l'approche d'Halloween, beaucoup de gens en regardent. Pourtant, même en plein mois de mars, certains en regardent, et adorent ça. Mais alors, pourquoi aime-t-on ça ? Pourquoi aime-t-on se faire peur ?

Pour commencer, il faut penser que les films d'horreur sont une fiction, et qu'ils ne peuvent pas être réalité. Une scène où un zombie dévore vivant un humain comme dans World War Z, ou où une personne est possédée par une entité ou un démon dans L'Exorciste, ce n'est évidemment pas possible. Et c'est justement ce réalisme à l'écran qui nous fait frissonner.

Mais alors, pourquoi certaines personnes aiment-elles avoir peur de cette manière ? Je vais vous proposer de comparer ce sentiment à celui des montagnes russes, car l'adrénaline ressentie lorsque l'on fait des montagnes russes est, d'après certains psychologues, la même que celle procurée par les films d'horreur.

Les films d'horreur nous procurent tout d'abord un sentiment d'appréhension : on sait que quelque chose va arriver, mais ce qu'on ne sait pas, c'est quand. Dans Ça, on sait que Grippe-Sou va réapparaître, mais on ne sait jamais quand ni comment. Cette appréhension est la même que lorsque nous entamons la montée dans notre petit wagon, juste avant de basculer en avant pour la descente rapide des montagnes russes. Cette appréhension peut nous procurer un certain plaisir.

Ensuite, bien qu'on s'y attende, on se fait bien souvent surprendre par le film. Vous me direz, c'est leur but. On sursaute, on se couvre les yeux et on s'enfouit sous la couverture, comme lors de ce fameux jump scare de la main surgissant dans le noir dans Conjuring. En réalité, ce sentiment de surprise est souvent un soulagement : ce que nous appréhendions a fini par arriver. Il ne reste plus qu'à le « supporter ». C'est enfin la descente de la pente de montagne russe.

De plus, ils représentent aussi nos plus grandes peurs, nos pires phobies. Le fait de devoir affronter nos peurs peut être bénéfique. En effet, lorsque nous regardons un film, c'est une sorte de simulation sans danger. Par exemple, vous avez une peur terrible des clowns, mais vous décidez tout de même de regarder un film à ce propos, comme Ça. Psychologiquement, vous les affrontez, mais sans réel danger pour vous. Ça vous permet aussi d'avoir une sorte de satisfaction d'avoir réussi à affronter cela.

Un autre avantage de ces films peut être le sentiment de partage, de socialisation. Souvent, avoir peur à deux peut rapprocher. Comme dit le dicton, « l'union fait la force ». C'est pour cette raison que beaucoup de personnes préfèrent affronter cette expérience avec une autre personne, quitte à aller au cinéma, par exemple pour la sortie d'un film comme Hérédité. Cette personne nous permet parfois aussi de nous raccrocher à la réalité, de nous dire que ce que nous voyons n'est pas réel.

Malgré tout, il ne faut pas oublier que le fait d'aimer ça dépend aussi beaucoup de la personnalité du spectateur : certains adorent vraiment ça, et d'autres ne le supportent pas, et préféreront une comédie sans prise de tête. Une étude a même montré que les personnes qui aiment ça ont souvent une personnalité plutôt extravertie.

En somme, si les films d'horreur fascinent autant certains spectateurs, c'est qu'ils réunissent plusieurs plaisirs en un seul film : l'appréhension d'une montée d'adrénaline, le soulagement d'une peur enfin libérée, la satisfaction d'avoir affronté ses pires phobies, et la complicité née d'une frayeur partagée. Mais après tout, se faire peur ou non reste avant tout une question de personnalité !

 

 

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