
Nox adorait les histoires avec des sirènes ravissantes et enchanteresses, même si elle savait que la réalité était toute autre en Ecosse et en Irlande, elle le savait de source sûre depuis qu'elle avait rencontré Murcus, la chef des sirènes du lac noir.
C'était arrivé début octobre, alors qu'assise sur la rive du Lac Noir, elle vivait l'été indien en laissant tremper ses pieds dans l'eau fraîche, histoire de se délasser avant de reprendre sa route. Elle était triste car elle venait de se fâcher avec ses amis et se sentait seule. Soudain, une grosse tête hideuse apparut dans l'eau juste devant ses jambes, et la jeune-fille crut qu'elle allait s'évanouir.
Elle en avait entendu des vertes et des pas mûres sur ce peuple, mais elle n'avait jamais vu aucun de ses membres, et allez savoir pourquoi, elle s'était fait une idée précise de leur aspect quand sa cousine moldue lui avait présenté Ariel la petite sirène si jolie dans ces images mouvantes qu'ils appelaient « films »

Pourtant la grosse chose aux longs cheveux hirsutes de couleur verte qui avait surgi près d'elle, ne faisait pas rêver. Sa peau grise et terne pendait lamentablement le long de ses joues et de son corps. La créature l'observait avec un demi sourire qui découvrait ses dents jaunes et pointues, de la même couleur que ses gros yeux globuleux ! Elle émit un son strident et terrifiant et se dressa sur sa queue en continuant de fixer la jeune élève. L'être de l'eau avait l'air gigantesque, à priori la Poufsouffle aurait dit presque deux mètres, ressenti quatre. sa longue queue était couverte d'écailles argentées qui scintillaient dans le soleil et elle portait un collier constitué d'énormes dents de requin.
Terrorisée, Nox restait immobile, paralysée, et bien incapable de remuer le moindre orteil, lorsqu'elle entendit une voix douce et captivante provenant de la créature :

Murcus - Ne crains rien petite élève de Poudlard 12, je suis Murcus, je ne te veux aucun mal, mais il y a si longtemps que je n'ai pas parlé ton langage que j'avais peur d'avoir oublié.
Nox - Je suis Nox, et vous parlez très bien Madame, votre voix est si douce …
Murcus - Je te vois venir petite qui parle de ma voix, toi aussi tu vas m'accuser d'avoir voulu égarer Ulysse avec mes chansons ? Il y en a marre à la fin ! C'est toujours les mêmes qui prennent, on est pas responsables de ses ancêtres et ….
Nox lisait de la peine dans les yeux tristes et comme elle avait bon cœur, elle chercha maladroitement à la rassurer.
Nox - Mais non, pas du tout, c'est seulement que votre voix est si jolie, et je m'attendais tellement peu …heu … je veux dire …. enfin …
Là, elle bafouillait et rougissait, se rendant compte qu'elle pataugeait lamentablement dans la gaffe professionnelle et qu'elle était en train de s'embourber lamentablement. Elle était carrément en train d'insinuer qu'elle était carrément moche, voire horrible.
Murcus - Tu voulais dire qu'avec ma tronche de cake, je ne risquais pas de remplacer Ariel au cinéma et que tu ne t'attendais vraiment pas à ce que j'ai une jolie voix. Je comprends ! D'ailleurs tu étais très effrayée par mon aspect.
Nox - Mais non pas du tout, enfin si, mais plus maintenant que je vous connais.
Murcus - Si tu dis vrai, m'accompagnerais tu dans mon royaume , juste pour me montrer que tu n'as plus peur et que tu veux bien devenir mon amie ?
Nox - Heu mais naturellement acquiesça la jeune-fille s'en voulant déjà d'avoir parlé trop vite, et immédiatement honteuse d'avoir eu ce regret peu généreux.
Ce fut un bien joli voyage sous le lac. Murcus lui fit ingurgiter de la branchiflore et lui montra son royaume avec l'hippocampe bleu qu'elles avaient domestiqué, et le strangulot qu'elles avaient dressé à faire le ménage. Elle put admirer certaines de leurs maisons, de différentes tailles et aux décors magnifiques pour certaines.
Elle se promenèrent dans le village, rencontrant tritons et sirènes et Murcus lui offrit un magnifique coquillage vert et bleu qu'elle glissa dans sa poche. Le calmar géant resta invisible, mais sa nouvelle amie lui raconta qu'il était très timide, ce qui fit rire la poufsouffle.
Elles croisèrent des poissons et des crustacés de toutes couleurs et de toutes tailles et des tritons aux yeux bleus, selon la sirène, des descendants de Mirabella Plunkett. Elle lui raconta que c'était une sorcière de talent qui était tombée amoureuse d'un triton du Loch Lomond. Elle s'était transformée en aiglefin pour le suivre et l'épouser et n'avait jamais réapparu dans sa famille. Nox connaissait son histoire par l'une des cartes chocogrenouille.

Elle vit aussi la salle commune de Serpentard, de l'extérieur, côté lac ! Elle tenta même de frapper à la vitre car elle voyait Forrest et Sixtine affalés dans des fauteuils, qui discutaient devant la cheminée avec d'autres élèves, mais ils ne la virent pas.
Elle se réveilla brusquement, toujours assise sur la rive du Lac Noir, toujours les pieds dans l'eau mais maintenant le soir était tombé et il commençait à faire frais, on était au mois d'octobre finalement. Ainsi elle avait juste rêvé ? Tout cela ne s'était déroulé que dans son imagination ? Dommage, elle avait failli y croire.
Un peu déçue mais pas trop étonnée, son père lui reprochait si souvent son imagination débordante, elle remit ses chaussures et reprit le chemin du château. Elle vérifia que sa baguette était toujours dans sa poche et en voulant l'en extraire, elle sortit aussi un joli petit coquillage vert et bleu.