
Ce conte d'hiver, je l'ai raconté maintes et maintes fois, depuis très longtemps, car il me touche beaucoup, par l'histoire elle-même, mais également par la notion d'entraide, propre à Poufsouffle, que ce conte met en avant.
Ce n'est pas moi qui l'ai inventé, ce conte.
C'est une histoire originaire probablement des pays scandinaves, étant donné le contexte, et qui s'est transmise selon une tradition orale, jusque dans les pays germaniques, et en Alsace, également. Le contenu est donc légèrement variable selon les conteurs.
Pourquoi la plupart des conifères restent verts
et ne perdent pas leurs feuilles en hiver.
Le conte du petit oiseau et du sapin.
C’était l’hiver. Dans la forêt, il faisait bien froid et la neige était tombée. La plupart des oiseaux se préparaient à partir pour leur migration annuelle vers l'Afrique et les pays chauds, en attendant le retour de la belle saison.
Les oiseaux étaient impatients de commencer leur voyage, tous ou presque, à l'exception d'un petit oiseau qui s'était cassé une aile en tombant d’une branche ou qui avait été heurté par un oiseau plus grand, il ne s'en souvenait plus. Mais, le pire, bien sûr, c'était qu'il ne pouvait plus voler. Il allait devoir passer l’hiver ici, dans la forêt, dans le froid, en attendant d’être guéri.
Ce fut donc avec une grande tristesse que le petit oiseau regarda s'envoler sa famille et ses amis. Il aurait tant voulu les accompagner ! Et bientôt, le petit oiseau se retrouva tout seul. Son aile le faisait souffrir en plus du froid et de la neige. S'il voulait survivre à l'hiver, il devait impérativement chercher et trouver un abri.
Alors qu'il sautillait dans la forêt, il aperçut un grand et magnifique chêne. Son tronc, solide, était couvert d’une écorce rugueuse et ses feuilles avaient des bords ondulés.
L’oiseau s’approcha de lui à petits pas et lui dit :
"Chêne, mon aile est cassée, je ne peux plus voler. Toi qui es fort et solide, peux-tu m’abriter pendant l’hiver ?"
Le chêne tourna ses branches vers lui et lui répondit :
"T’abriter ? Non, il n’en est pas question : tu mangerais tous mes glands ! Va-t’en !"
Le petit oiseau baissa la tête et reprit son chemin.
La neige se remit alors à tomber et de gros flocons se déversaient sur la forêt.
Le petit oiseau frissonna encore plus et, courageux, il poursuivit sa quête.
Soudain, il aperçut un jeune hêtre, à l’écorce mince et lisse, un jeune hêtre qui agitait ses petites feuilles rondes pour enlever la neige qui tombait sur lui.
Le petit oiseau s’approcha et dit :
"Hêtre, mon aile est cassée, je ne peux plus voler. Je n'ai pas su partir avec ma famille et je suis gelé. Peux-tu m’abriter pendant l’hiver ?"
Le hêtre tourna ses branches vers lui et répondit :
"T’abriter ? Non, il n’en est pas question : tu mangerais tous mes fruits ! Va-t’en !"
Le petit oiseau baissa la tête et reprit son chemin.
Il neigeait de plus en plus fort.
L’oiseau sentit alors son ventre gargouiller : il avait faim.
Au détour d'un chemin, il aperçut un bouleau, fier et haut. Son tronc était blanc comme la neige.
Le petit oiseau s’approcha alors du bouleau et lui demanda :
"Bouleau, mon aile est cassée, je ne peux plus voler, je suis gelé et je suis affamé. Peux-tu m’abriter pendant l’hiver ?"
Le bouleau tourna ses branches vers lui et, comme les autres autres, il refusa.
"T’abriter ? Non, il n’en est pas question : tu mangerais toutes mes graines ! Va-t’en !"
Le petit oiseau n'en pouvait plus. Il était fatigué, il avait faim et froid, et il ne savait plus où aller.
Soudain, il entendit une voix qui lui disait de s’approcher.
Il fit alors quelques pas dans la direction de cette voix et il vit un sapin qui lui dit.
"Petit oiseau, veux-tu t’abriter dans mes branches ? Je n’ai ni gland, ni fruit, ni graine, et je te protègerai du froid pendant l’hiver."
Le petit oiseau accepta avec empressement et il remercia le sapin avec beaucoup de gratitude.
Derrière lui, il entendit le chêne, le hêtre et le bouleau se moquer du sapin.
Ils le trouvaient si laid, avec son tronc noir et ses branches couvertes d’aiguilles ! Ils se vantaient d’être bien plus élégants. Ils disaient que c’était grâce à eux que la forêt était si belle.
Le petit oiseau ne les écouta pas et il s’endormit, blotti bien au chaud dans les branches feuillues de son nouvel ami.
La nuit arriva et la neige tombait toujours, de plus en plus fort, au point que, bientôt, une tempête éclata.
Toute la nuit, des vents violents balayèrent la forêt. Ils s’engouffraient dans les sentiers, puis se ruaient sur les arbres et tiraient sur leurs branches. Ils passaient entre eux et les bousculaient de toutes leurs forces.
Les arbres s’accrochaient à leurs racines pour ne pas s’effondrer et les vents ne se calmèrent qu’au petit matin.
Quand le soleil se leva sur une nature blanche mais à nouveau sereine, on entendit des cris venir de la forêt.
"Mes feuilles ! J’ai perdu mes feuilles !" gémissaient en chœur le chêne, le hêtre et le bouleau.
Leurs branches étaient complètement nues, tandis que toutes leurs feuilles étaient tombées par terre.
En revanche, le sapin n’avait pas perdu une seule aiguille.
L’Esprit de l’hiver, qui avait déclenché cette tempête, avait décidé de les lui laisser. C’était sa façon à lui de le récompenser pour sa gentillesse et sa bienveillance envers le petit oiseau.
Depuis cette histoire, le sapin, généreux et protecteur, reste vert en hiver, tandis que les autres arbres perdent leur feuillage.
Maintenant, le sapin est devenu, chez nous, un symbole de fête, autour duquel les gens se réunissent pour les fêtes de fin d'année, période de transition en attendant le renouveau, au printemps !
Merci à ce site pour la base du texte !
