On vit. Non, ce n'est pas une soudaine révélation, ce qui serait assez triste après [insérez un nombre entre 7 et 77] années d'existence. Nous sommes donc des êtres organiques en évolution perpétuelle. Mieux, on respire, on pleure, on rit, on mange, on boit, on parle, on apprend - et on meurt à la fin, mais on va laisser cela de côté.

Donc, je disais, on vit. Mais... pourquoi ? Attention, je ne pose pas la question du point de vue scientifique ou religieux. Non. Je demande le but vers lequel tend nos vies. Qu'est-ce qu'on fait de cette vie ?

La réponse est fort simple : on souhaite plaire aux autres, puisqu'on interagit avec eux. On a besoin d’être vu pour exister parce qu'on est fait de telle façon que, s'il n'y a pas de reconnaissance, nous n'existons pas. Hors cette reconnaissance passe par les interactions. Celles-ci ne sont pas possibles si personne ne nous accepte. Pour être accueilli, il faut se conformer à certaines règles, ce qui implique un comportement "contraint" lors de ces interactions.

C'est cela qui dirige notre existence dès la naissance. On apprend ce qu'il ne faut pas faire au risque d'être rejeté par les autres individus. Ce constat est valable pour n'importe quelle espèce animale : ceux qui ne respectent pas les règles sont rejetés par le groupe. La loi même de l’existence.

Si tout le monde pouvait faire ce qui lui plaît, il n'y aurait pas d'équilibre. Une forme d’égoïsme cruel et sauvage se développerait. Tout le monde chercherait à avoir plus que ce qui lui est nécessaire, mais d'autres n'auraient rien. Seuls les plus forts survivraient. Or, étant tous obligés de suivre les règles les plus "fragiles" peuvent également vivre. C'est la loi qui assure l'équilibre et on ne peut nier son importance.

Mais, comme je l'ai dit, un individu respecte les règles parce qu'il doit plaire. Elles sont donc utiles, certes, mais empêchent l'expression de caractères trop hors-normes. Certaines personnes voudraient peut-être, telle Dolores Ombrage, s'habiller tout en rose, mais le regard porté sur ce genre de comportements considérés comme excentriques est vite dissuassif. Tout comme voler - je ne parle pas de balais -, puisque la loi l'interdit.

Parfois, il est possible de s'affranchir de certaines règles, notamment informelles. On peut respecter la vie de l'autre tout en vivant librement la sienne (donc, non, on ne commet pas de meurtres). On peut être libre : c'est un droit fondamental. Mais je parle aussi des contraintes qui voudraient que tout le monde se comporte d'une certaine façon et pas d'une autre. Un exemple ? Pas de problèmes.

Prenez Sibylle Trelawney et osez me dire ne pas avoir rit devant ses "prédilections". Ne pas s'être moqué de ses habits... étranges une seule fois. Tout le monde trouve ce personnage un peu dérangé - moi la première. Personne ne la prend au sérieux. Pareil pour Luna Lovegood, ses étourderies et ses croyances qui sont perçues de manière extrêmement négatives - elle subit même des quolibets.

C'est comme si nous n'avions pas l'ouverture d'esprit nécessaire pour accepter ce genre de comportements. Pourtant, ils ne sont pas dangereux pour les autres, même pas pour eux-mêmes. Elles sont différentes, mais la différence ne veut pas dire qu'il y a quelque chose de mal. Au contraire. La différence est positive, car elle permet l’apprentissage, la découverte.

C'est pour cela qu'il faut la cultiver et non pas tenter de l'étouffer. Les personnes sont différentes les unes des autres et c'est grâce aux interactions qu'on peut s'instruire de l'autre. Mais si tout le monde se ressemble, qu'est-ce qu'on pourra apprendre de l'autre et qu'on ne sait pas ? Rien, car nous serions des robots identiques.

Alors, malgré les avis négatifs, malgré les remarques, il faut conserver sa "particularité", ce qui fait que nous sommes qui nous sommes. Que ce soit une expression, une attitude, un trait physique ou caractériel. Parce que c'est ce qui est au cœur de notre existence propre en temps qu'être humain. Il faut vivre pour soi-même, bien que ce ne soit pas toujours facile, et non pas pour les autres. Être "en paix" avec soi-même est important pour se sentir bien, mais il faut être sincère dans nos interactions. Sincère avec son être et avec les autres.

Ne montrez pas ce que vous voulez que les autres voient, mais ce que vous êtes. Il est plus aisé d'accepter une personne honnête mais différente plutôt que quelqu'un dont on voit pertinemment qu'il nous ment alors que ça nous irrite. Il est dommage de se brimer alors que nous avons quelque chose d'exceptionnel en chacun de nous. Quelque chose à partager.

Il faut rester comme on est : unique et semblable à la fois. Rester fier de ce qu'on est et le montrer. On nous le rendra mille fois. Nous partageons le même fond, mais nous sommes une multitude d'esprits qui brillent différemment.