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Par Lea le mercredi 25 décembre 2024, 17:57 - Paroles de Crocs - Lien permanent

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Toma : It's tiiiime ! Bonjour à tous les blaireaux.
Anthéa : Toma. On a dit que la minute culturée n’était pas un endroit pour chanter. Jamais.
Toma. Ok, rabat-joie. Enfin tout ça pour dire… C’EST NOËL.
Anthéa : Et tu sais c’est quoi noël, à part mettre un gros nez rouge à ta licorne ?
Toma : Euh…. Non.
Anthéa : Déjà tu savais que, selon le calendrier qu’on observe, on peut féter Noël à des dates différentes ?
Toma : Chouette, plusieurs Noël dans l’année !
Anthéa : J’ai dit à des dates différentes, pas plusieurs fois dans l’année. Enfin, bref. Si Noël tombe bien le 25 décembre en tant que fête traditionnelle occidentale ainsi que pour toute la chrétienté occidentale et certaines églises orientales, il faut attendre le 6 janvier pour plusieurs églises orthodoxes et le 7 janvier dans le calendrier julien.
Toma : On peut expliquer la différence entre tout ça ?
Anthéa : Nan, c’est pas le sujet. Toma : Ok… Comment est-ce que c’est né alors, Noël ?
Anthéa : Non, attends. Pas si vite. D’abord, les occurences du mot Noël en lui-même sont présentes dès le XIIe siècle. Ce qui est plutôt fun, c’est qu’il est très semblable dans toutes les langues qui ont la même racine, c'est-à-dire la plupart des grandes langues romanes et les langues celtiques. En italien, ça sera Natale, en portugais natal…. Tout cela vient de l'adjectif latin natalis signifiant « de naissance, relatif à la naissance ». Toma : Très loin du Christmas… Tu me diras c’est d’origine germanique l’anglais.
Anthéa : Tout à fait. Bref, Noël a été plutôt long à se créer. Au départ, c’était des rites paiens pour remercier les divinités qui prolongeaient les jours depuis le solstice d’hiver, quelques jours. Ensuite, il y a un mec pas du touuutt connu qui s'appelait Aurélien, petit empereur romain, qui a pris ces fétes pour en faire une célébration appelée Dies Natalis Solis Invicti, « jour de la naissance du Soleil invaincu » juste après les Saturnales romaines.
Toma : Moi je dis trop de fetes tue la fete. Sérieusement, juste après des fetes encore une fete ? Bon, d’accord, pourquoi pas. Mais je crois savoir qu’on célébre la naissance de Jésus-Christ ce jour-là. Alors comment on a fait ce saut ?
Anthéa : Bah, en fait, pendant genre 300 ans l’Eglise se foutait de savoir quand il était né. Ca vient en 336, à Rome, et c’est plus pour… donner un sens nouveau à ces célébrations surtout après la grande persécution des chrétiens de l’empire, et l’édit de Nantes qui a proclamé 20 ans avant la liberté de culte. Forcément, ça aide un peu.
Toma : Et c’est à partir de ce moment-là que les symboles associés à la fête de Noël naissent : Bergers, grotte…
Anthéa : Yep. Mais la date est totalement arbitraire et probablement fausse d’ailleurs. M’enfin, en soit, c’est peut-etre mieux car à la suite de l'édit de Thessalonique de 380 interdisant les cultes païens, la fête de Noël chrétienne (du latin Natalis) devient l'unique festivité romaine à pouvoir être célébrée le 25 décembre et se diffuse dans l'empire dont le christianisme est devenu l'unique religion officielle.
Toma : Il y a eu du chemin depuis les persécutions…
Anthéa : Ouais. Enfin, en soit, on peut dire que du coup, c’est venu faire concurrence et remplacer ou compléter à la fois. Chacun sa vision sur cette histoire, tout le monde n'est pas forcément d’accord.
Toma : En tout cas, plusieurs ont profité de la symbolique. Au Moyen-Age, on retrouve plusieurs baptêmes ou couronnements ce jour-là. C’est à cette même période que la fête se répand en Europe, notamment au Nord.
Anthéa : Tout à fait ! A la Renaissance, on voit l’apparition des créches, en plus de groupes d’enfants qui se sont mis à chanter de maison en maison. Puis cela devient une fête familiale, d’abord chez les bourgeois puis dans les classes populaires…. Toma : Avec quelques interdictions pour les pays réformés, notamment en Angleterre.
Anthéa : Pas super longtemps, personne ne peut résister aux célébrations de Noël. Le sapin, les cadeaux - bon c’est commercial, pour le coup, mais bon -, les enfants, la famille… Ce folklore germanique de Noël (sapin de Noël, figure du père Noël…) arrive aux États-Unis avec les vagues migratoires allemandes et hollandaises (d'où le nom allemand du Père Noël en anglais : « Santa Klaus ».
Toma : Secret Santa, tout ça donc…
Anthéa : Vraiment, c’est tout ce que tu retiens, Toma ?! [Des cris se firent entendre. Nous interrompons la suite des échanges pour les yeux de nos auditeurs.]


